La communauté catholique “bien plus unie”

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Le père de Varax, curé de la paroisse de Montluel

Le père Patrick de Varax explique comment a été vécue par la communauté catholique locale cette année sous le signe du Covid entre craintes, distance et retrouvailles sur le plan spirituel.

Au cours de l’année écoulée, comme dans bien d’autres secteurs, la vie religieuse a aussi dû évoluer et combler la distance entre le clergé et les fidèles grâce aux moyens numériques. C’est ce que le père Patrick de Varax, curé de la paroisse de Montluel et en charge des clochers des neuf communes et hameaux du secteur, a fait pour ses ouailles depuis le premier confinement. Il y a d’abord eu la diffusion des messes sur Youtube, mais cela ne compensait pas pour tout le monde la perte du sentiment de communion. Le curé de Montluel assurait donc encore un suivi spirituel à distance. Chaque semaine, avec une lettre d’information contenant un point sur l’organisation, il transmet par mail un message spirituel. Les contacts électroniques avec les fidèles ont ainsi augmenté et les échanges téléphoniques se sont “démultipliés” pour les personnes les plus en demande.
Aujourd’hui déconfinés, et malgré les règles sanitaires, “ on arrive à célébrer les messes de manière normale. On n’a jamais à refuser de paroissiens à l’entrée de la messe”, assure l’ecclésiastique. Les choses sont cependant plus compliquées pour les funérailles, communions et baptêmes qui se célèbrent dans des modèles plus restreints au strict cercle familial. Quant aux mariages, seuls 60 % de ceux prévus en 2020 ont été célébrés. Quelques-uns sont repoussés à 2022 et les préparatifs se poursuivent. Mais entre les horaires de chacun et le couvre-feu, les échanges avec les futurs mariés se font souvent en visioconférence le soir. Malgré ces contraintes, les fidèles reviennent “très progressivement”, selon leur degré de peur de la contamination : “Encore aujourd’hui, on a vu revenir des gens qu’on n’avait pas vus depuis mai.” Tout de même, la période est moins à l’angoisse qu’à la lassitude, et le père Patrick fait comprendre à ses paroissiens que “c’est un acte de charité de faire attention aux autres” en acceptant les règles sanitaires exigées en tous lieux. Dans ces circonstances, et dans un autre sens, il a aussi senti que la communauté s’en sort “bien plus unie, plus enracinée dans la prière, plus densifiée sur le plan spirituel.”
Mais sur un autre plan plus matériel, la paroisse a aussi encore ses charges courantes. Il a fallu gérer “en bon père de famille” la diminution des dons, conséquence de la perte des messes. Un appel aux dons a été lancé par mail, “sans faire de matraquage. Ce serait très mal venu quand la précarité est plus dure.” Finalement, le père Patrick juge désormais la situation assez équilibrée. S’il a “appris à naviguer à vue” depuis un an, il garde espoir pour l’avenir proche comme celui d’obtenir l’autorisation de célébrer les fêtes pascales, avec la veillée : “En être privé deux ans de suite, ce serait dur pour le cœur des fidèles.
F.D.

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