Et les fruits devinrent de… l’alcool !

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En ce début d’année 2021, l’alambic a de nouveau fonctionné sur Vaux-en-Bugey. Les “Bouilleurs du Buizin” ont accueilli durant trois jours les Vauxois et leurs fruits pour la distillation.

La distillation des fruits est très réglementée dans le pays, et sa bonne pratique en vue de confectionner des eaux de vie relève à la fois d’un savoir-faire, mais également de la qualité du matériel utilisé. À ce titre, l’alambic du village de Vaux-en-Bugey a depuis longtemps fait ses preuves. Son existence est prouvée dès 1907 par le tampon de contrôle du syndicat. Autrefois, le droit de distiller se transmettait de génération en génération. Dans les familles de vigneron chacun possédait même un droit de “bouilleur de cru”, mais depuis 1960 cette transmission n’était plus autorisée. L’alambic de Vaux avait alors été laissé à l’abandon, et il semblait destiné à être détruit. Ce sont des vignerons vauxois qui ont formulé le souhait de voir renaître cette tradition. En 2016, sous la présidence de Maud Blache vigneronne locale, la Coopérative d’Utilisation du Matériel Agricole (CUMA) a accepté de céder à la commune pour un euro symbolique, le bâtiment abritant l’alambic. Un comité de sauvegarde fut alors créé, l’alambic a été vérifié et des réparations ont pu être faites grâce aux bénéfices générés par manifestations festives et gourmandes et l’alambic a finalement repris du service en 2017. Un véritable aboutissement, une tradition sauvée in extremis par la mobilisation de quelques habitants, une bande de copains réunis autour de Jean Rapado (décédé maintenant).
C’est en 2019 que le petit comité de sauvegarde de l’alambic s’est constitué en association et a pris le nom des “Bouilleurs du Buizin” sous la présidence de Franck Desmaris. Il permet depuis à la population d’apporter chaque année sa récolte de fruits pour en tirer le meilleur à l’issue de plusieurs mois de fermentation. Et en cette année 2021, malgré la pandémie, durant trois jours, les “Bouilleurs du Buizin” ont donc accueilli les villageois, ravis de contribuer ainsi un peu à leur façon à la préservation de cette authentique tradition. S’il y avait moins de monde que l’année précédente, venu pour apporter des fruits à distiller, beaucoup de curieux se sont cependant déplacés, et le samedi, les saucissons cuits à l’alambic ont régalé les participants.

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