La Villa des Vernes : aux origines antiques du village

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C’est quand la modernité est venue tracer sa voie le long de la commune que le plus lointain passé de La Boisse est sorti de terre. Les premières découvertes archéologiques menant à une toute nouvelle connaissance des origines antiques de la commune sont d’abord le fruit du hasard.


Un sarcophage de plomb et une nécropole au lieu-dit des Quarante Mille Morts


En août 1961, un conducteur d’engin mécanique dégage un sarcophage de plomb de l’époque gallo-romaine lors de l’extraction de gravier à la carrière Méant au lieu-dit des Quarante Mille Morts, non loin de l’actuel stade des Gravelles. Pendant deux ans, les fouilles mènent à la découverte de toute une nécropole et d’une deuxième aux Gravelles, prouvant une présence humaine importante dans l’Antiquité tardive (IVème siècle).
Mais c’est presque vingt ans plus tard qu’on découvre un lieu de vie dans les alentours. En 1980 ont lieu les travaux de construction de l’autoroute A42. Des fouilles archéologiques font apparaître une villa gallo-romaine du Ier siècle ap. J.-C, au lieu-dit les Vernes, toujours non loin des Gravelles. Mais pas seulement puisque des preuves d’une occupation protohistorique matérialisées par une fosse-silo de l’âge du Bronze (1200-1050 av. JC) sont aussi mises au jour sur le même site. Des recherches plus récentes, dans le cadre de l’aménagement du diffuseur autoroutier, réalisées en 2005-2006, ont encore permis d’enrichir la documentation et surtout de préciser la datation de cette occupation gallo-romaine. Cette villa, surnommée Villa des Vernes, avait succédé à deux ensembles architecturaux antérieurs, caractérisés par des constructions en terre et bois. Et les restes découverts, avec une partie résidentielle s’étendant sur plus de 2.400 m2 et un ensemble bâti formé de plus dépassant les 5.000 m2 composé de vingt-quatre espaces distincts, formaient son ultime occupation avant d’être abandonnée à l’extrême fin du Ier s. ap. J.-C.


Une remontée générale du niveau du Rhône pour expliquer l’abandon du site ?


Une des hypothèses qui pourrait expliquer son abandon serait une remontée générale, ou locale, du niveau du Rhône, entre la deuxième moitié du Ier siècle et la deuxième moitié du siècle suivant. Si cette hypothèse est toutefois avancée avec prudence par les scientifiques, elle pourrait permettre de comprendre l’écart entre cette installation humaine antique et celle médiévale du village de Girieu, ancêtre de La Boisse, enraciné à flanc de côtière : subir pendant des siècles les caprices des fleuves et rivières (la Sereine est aussi connue pour ce type de comportement) fait prendre du recul et de la hauteur. F.D.

Sources : Richesses touristiques et archéologiques du canton de Montluel et archives en ligne de la Revue Archéologique de l’Est.

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