Z baisse le rideau définitivement : une success story régionale s’achève

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Le magasin Z ne devrait pas rouvrir sous cette enseigne

Si elle rouvre après le confinement, ce sera sous une autre enseigne : touché par un plan de sauvegarde pour l’emploi, le groupe Kidiliz, dont fait partie la boutique Z du centre commercial de Beynost, cesse son activité.

La Covid 19 aura signé le démantèlement du groupe Zannier, et de sa marque Z. Conséquence directe : de source syndicale, le magasin de Beynost, fermé depuis le confinement, ne rouvrira pas ses portes. En tout cas pas sous sa forme actuelle, puisque le fonds de commerce serait repris par le groupe ID Kids, qui possède une plateforme logistique sur Dagneux.
Z, c’est à l’origine une histoire 100 % rhônalpine : en 1962, Roger Zannier et Josette achètent un atelier de bonneterie à Saint-Chamond, dans la Loire. Progressivement, ils se spécialisent dans les vêtements pour enfants. Le groupe Zannier commence à commercialiser ses articles dans la grande distribution au milieu des années soixante-dix. Au début des années quatre-vingt, il stoppe la production pour se consacrer à la distribution. La marque Z est créée et des magasins de vêtements pour enfants voient le jour un peu partout en France, et dans le monde, à travers des franchises notamment. Il sponsorise également une équipe cycliste, dont le leader, l’Américain Greg Lemond, gagne le tour de France en 1990. À son apogée dans les années quatre-vingt-90, Zannier rachète une vingtaine de marques telles que Catimini, Chipie, 3 pommes, Lili Gaufrette, Jean Bourget…
Fin 2016, le groupe devient Kidiliz. À l’automne 2018, le chinois Zhejiang Semir Garment l’acquiert, faisant du groupe Semir le numéro 2 mondial de la mode enfantine. À peine deux ans plus tard, et une crise sanitaire qui vient s’ajouter à un contexte déjà compliqué pour le secteur de l’habillement, le propriétaire chinois ne recapitalise pas Kidiliz, déficitaire. Le redressement judiciaire est engagé en septembre. La semaine dernière, le tribunal de commerce de Paris étudiait les offres de reprise. La solution validée par les syndicats, “le schéma le moins mauvais”, entraînerait la suppression de 900 emplois à travers la France, soit environ les trois quarts. Outre la disparition de la marque Z, des sites historiques tels que Saint-Chamond et Rillieux sont amenés à disparaître.

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