Encore 17 suppressions de poste chez Signify, l’ex-Philips

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Depuis 2016, Philips Signify déserte petit à petit les locaux vendus à la Communauté de Communes de Miribel et du Plateau

Depuis quatre ans, les ex-salariés de Philips, à Miribel, sont de moins en moins nombreux. Année après année, les plans de licenciement se succèdent. Jusqu’à la disparition complète de l’entreprise sur la Côtière ?

On ne prend pas l’habitude des plans de sauvegarde de l’emploi. À chaque fois, c’est un nouveau coup de massue pour les salariés. À Miribel, sur le site de Signify, héritier de Philips, c’est le troisième plan du genre en quatre ans. En 2016, la direction décidait de la délocalisation de la production. 142 emplois étaient supprimés sur 255. En 2017, c’est la recherche et le développement qui étaient divisés par deux, avec 27 nouvelles suppressions de poste. Mi-septembre 2020 était annoncé un troisième plan engendrant 17 départs supplémentaires, principalement en recherche et développement et au laboratoire. Les négociations ont été entamées avec les représentants du personnel pour fixer les conditions de départ. Au début de l’année 2021, il devrait rester à peine une cinquantaine de salariés sur le site, si l’on prend en compte les 19 départs non remplacés de 2018 à 2020. Les salariés restants aimeraient savoir à quelle sauce ils vont être mangés. Car ils ne se font guère d’illusion : après avoir supprimé la production, une bonne partie de la recherche et le laboratoire, la spécialité de l’éclairage à Miribel va s’éteindre. Pascal Kleine, représentant du personnel, décrit : “Les plus inquiets sont ceux qui restent. On a un programme très flou, qui va jusqu’en 2021, on ne nous prévoit rien pour 2022. Ce n’est pas ce qui va motiver les troupes. Et notre bail de location s’arrête fin 2021… Soit on a des garanties sur l’emploi, soit on a un planning de fermeture, mais les salariés ont le droit de savoir. […] Il y a eu une volonté évidente de déshabiller le site pour le faire mourir. C’est eux qui ont organisé cela. La stratégie de l’entreprise, ce sont plus les objets connectés.” Dès lors, les salariés concernés par les départs veulent négocier des conditions similaires à celles de 2017 et ne veulent pas entendre parler du “prétexte du Covid” pour y renoncer. “Au second trimestre 2020, au niveau monde, l’entreprise a produit 158 millions de cash, dont 43 millions d’aides gouvernementales. Même sans aide, ils gagnaient de l’argent. L’entreprise est en bonne santé financière. Il faut m’expliquer en quoi il y a un besoin urgent de mener ce PSE” conclut le délégué syndical CFE-CGC.

Questions à Christophe Bresson, directeur de la communication chez Signify

Qu’est ce qui motive l’annonce de ce nouveau “plan de sauvegarde pour l’emploi” ?
Le site de Miribel est axé sur l’innovation, exclusivement les Led. Le marché de l’activité d’éclairage Led a subi des transformations très importantes, avec de nouveaux concurrents et une érosion des prix et des coûts de production de plus en plus faibles. La technologie Led est arrivée à maturité avec une baisse globale des marges. À côté, on se doit d’accélérer nos innovations et nos mises sur le marché.

Comment accélérer l’innovation si l’on supprime des postes en Recherche et Développement ?
On est contraint de réorganiser cette activité au niveau international. Cela modifie l’organisation, c’est une façon différente de travailler, un rapprochement entre certains fournisseurs et certains centres industriels, une réorganisation des équipes.

Depuis quatre ans, Philips puis Signify indique à chaque fois sa volonté de conserver le site de Miribel, mais, année après année, des nouveaux plans sont annoncés. Quel est l’avenir de Signify à Miribel ?
Oui, il y a moins de personnel, mais si la volonté était de fermer, on aurait fermé.

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