Lieu de culte à Sermenaz : deux recours déposés, le maire de Rillieux-la-Pape répond

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Le lieu de culte serait construit sur la zone boisée, tandis que les riverains en face vivent à Neyron

Mis en cause dans l’accord du permis de construire pour la construction d’un lieu de culte à Sermenaz, sur un terrain situé sur la commune de Rillieux-la-Pape, Alexandre Vincendet, maire de la commune métropolitaine, ne mâche pas ses mots face à la position neyrolande.

Depuis cet été, les habitants de Sermenaz, à Neyron, s’opposent au projet de construction d’un lieu de culte par les Frères de Plymouth pouvant accueillir jusqu’à 1.500 personnes sur un terrain en limite de territoire. Un permis de construire a été délivré le 16 mars par la mairie de Rillieux-la-Pape, il a été affiché sur place le 1er juillet. Un collectif d’habitants s’est créé et a lancé une procédure, la mairie a déposé un recours. Il est notamment demandé l’abrogation du classement de la parcelle au PLU de la métropole, qui permet la construction, pour préserver la zone verte. La mairie de Neyron conteste cette construction “compte-tenu des équipements absents ou sous-dimensionnés : impossibilité de se raccorder à un réseau public d’eau potable, absence d’assainissement collectif, unique route d’accès étroite déjà saturée conduisant au quartier de Sermenaz, dispositif de défense incendie non détaillé, système de gestion des eaux pluviales insuffisant…”
Interrogé sur l’octroi de ce permis de construire, Alexandre Vincendet, assume pleinement et fait plusieurs rappels. Historique d’abord : ce terrain appartenant initialement à l’armée a été cédé à la mairie de Rillieux, qui l’a ensuite cédé aux Frères de Plymouth en 2005. “Un élu de mon opposition était adjoint à l’urbanisme à l’époque. J’ai découvert le dossier en arrivant en 2014. Si le projet ne sortait pas, cela posait un souci de crédibilité. S’il ne pouvait pas se faire, cela aurait voulu dire qu’on a escroqué des gens ?” Il pointe un corridor écologique représentant 10% seulement de la parcelle sur un total de 1,7 hectare et réfute tout problème d’accessibilité et de réseau. “L’accès se fera par le rond-point existant, pas devant les habitations. Ils ne seront pas embêtés pour l’assainissement c’est faux.” Quant aux problèmes de voisinage éventuels évoqués, selon lui, cette réaction est de l’ordre de “la ségrégation qui ne dit pas son nom. Les Frères de Plymouth ont des locaux sur Rillieux-la-Pape, dans un quartier résidentiel, on n’a jamais eu une seule plainte.” Le permis de construire étant conforme au PLU, pour lui, il n’y avait pas besoin de concertation, malgré les recommandations du commissaire enquêteur à l’occasion de la révision du PLU de la Métropole : “Un permis de construire se délivre en droit, pas après concertation. Vous avez le droit de signer si le zonage le permet, si le zonage ne le permet pas, vous ne le signez pas.” Et de souligner “l’effort environnemental” présent sur ce projet.
Alexandre Vincendet se montre également sans concession vis-à-vis de ses homologues neyrolands : “Dans le collectif d’habitants, vous avez des élus de la mairie, ils sont à la fois juge et partie. Des élus garants de l’intérêt général défendent des intérêts privés. Ils défendent aujourd’hui les bois, mais ils ont oublié que pour construire leur maison, il a fallu arracher des arbres. Il n’y avait pas un bois avant à la place des habitations et de la zone artisanale ? On interdit aux autres ce que l’on a fait soi-même. Le travail d’un élu, à mon sens, n’est pas de hurler avec les loups.” Il regrette que le maire de Neyron n’ait pas pris son téléphone avant de déposer le recours. Même si une rencontre a eu lieu dernièrement entre les deux maires. Et s’irrite : “Quand je prends une décision, il faut que j’appelle le maire de Neyron ? Quand la commune de Neyron fait des projets en limite de Rillieux, elle me demande mon avis ? Il y a bien un projet de zone d’activités qui vont supprimer des terres agricoles… j’espère qu’ils combattront ce projet avec autant d’énergie, qu’ils se prononceront contre le développement économique de leur commune. Il faut être cohérent. Maintenant, je n’ai peut-être pas envie que l’on détruise des terres agricoles… Je rappelle aussi que Rillieux paie une partie de l’éclairage public de Neyron… On entretenait de bonnes relations avec le maire précédent. Mais là, les relations commencent mal. On ne dépose pas un recours sans avertir. C’est un dossier très technique qui ne mérite pas une telle publicité.”

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