Le moulin reste un rouage central de notre alimentation

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Patrick Malissard s’est adapté à la demande des particuliers en proposant des paquets de 5 kg

Depuis le confinement et les pénuries de farine, les consommateurs ont pu compter sur le moulin Malissard pour fournir cette denrée toujours essentielle au quotidien.

Sans enseigne ni plaque pour signaler sa présence, il faut parfois se faire voyeur, glisser un oeil par la fenêtre pour savoir qu’entre la Grande Rue et la Rue Neuve tourne un moulin. Sa présence ici est pourtant attestée depuis la fin du XIVème siècle.


Quatre générations à la tête de la minoterie Malissard


Autrefois connu comme le moulin de Langes, depuis quatre générations, c’est la famille Malissard qui le fait tourner. Actuellement, Patrick Malissard le gère. Son arrière-grand-père et son grand-père – qui travaillait dans un autre moulin de la ville, près de l’église, dans l’actuelle Impasse du Moulin – s’étaient associés au début des années trente pour racheter le moulin. Fonctionnant à l’énergie hydraulique jusqu’au XXème siècle grâce au canal mouturier, déviation de la Sereine, la roue a cédé la place à la fée électricité il y a une quarantaine d’années.


Une demande nouvelle depuis le confinement


Un monument, pour ainsi dire, redécouvert par les habitants et d’autres de la Côtière ou du Bugey durant le confinement quand les gens ont commencé à ne plus trouver de farine dans les commerces. Ils ont remonté la chaîne de production et ont commencé à téléphoner à la Minoterie Malissard. Son activité, en temps normal, étant à 99 % tournée vers les professionnels, boulangeries, pâtisseries et pizzerias artisanales, Patrick Malissard vend généralement très peu aux particuliers, le plus souvent à des professionnels qui en achetaient pour leur usage personnel, et toujours par sacs de 25 kg. Mais la baisse d’activité, liée à celle de ses clients habituels, a permis à Patrick Malissard de répondre à la demande de nouveaux consommateurs servis à la fenêtre avec des paquets de minimum 5 kg. “Des fois en une journée, j’ai eu une quinzaine de personnes”, témoigne-t-il. “Depuis ça s’est calmé. Je vais peut-être pouvoir continuer avec certaines personnes. Je verrai si l’activité reprend à 100 % mais, pour l’instant je continue.”

1.000 tonnes de blé meulées chaque année


Meulant chaque année mille tonnes de blé tendre originaires de trois “terroirs” différents (sud de la Côte d’Or, la Vallée du Rhône et Meximieux), non plus dans une meule de pierre mais dans ses quatre machines à cylindre qui passent et repassent le grain jusqu’à produire des farines de type 55 à 65 (les farines spéciales étant réservées aux professionnels), le moulin Malissard conserve une activité aussi discrète que son rôle de rouage dans l’alimentation quotidienne est central. F.D.

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