Les Compagnons de la Duye ont fêté la Saint-Vincent

Tradition

0
327

Les Compagnons de la Duye ont fait honneur au Saint-Patron des vignerons en se réunissant autour d’une bonne table au grangeon Deléaz. Ils maintiennent ainsi une tradition viticole très présente du temps où la production de vins à Ambérieu et dans le Bugey était à son apogée.

La fête de la Saint-Vincent, le Saint Patron des vignerons, a été célébrée par les Compagnons de la Duye d’Ambérieu qui se sont retrouvés au grangeon Deléaz, sur les hauteurs de Tiret. Sur place, Bruno Deléaz faisait le bilan de la production du vin aujourd’hui à Ambérieu, dans une cité où naguère la production viticole était importante grâce aux vignes plantées sur toutes les hauteurs, de nos jours presque toutes disparues.
“Il y a bien longtemps que les vignes ne courent plus sur les collines du Bugey, à part quelques exceptions comme Jacques Serrière, propriétaire récoltant, dernier vigneron professionnel à Ambérieu, Le Grangeon du Grand Dunois avec une production très restreinte qui n’est pas commercialisée, et un particulier, Laurent Janin qui résiste toujours et encore rue de la Chapelle, malgré les assauts de l’urbanisation pour une production de plus en plus réduite et familiale. Les vignes du Bugey ont quasiment disparu, néanmoins, les grangeons, constructions en pierres, sont toujours là. Nous, les Compagnons de la Duye, faisons perdurer la tradition de la Saint-Vincent pour un partage de convivialité, d’amitié dans le respect de la tradition bugiste. Cela dure tout le week-end, avec, bien sûr, une place d’honneur faite aux repas du midi et du soir agrémentés de parties de pétanques ou de jeux de cartes, histoire de se redonner un peu d’appétit entre deux étapes”.
Avant les attaques du phylloxéra à la fin du XIXème et les campagnes anti-alcooliques, les vignes occidentales du Bugey s’étiraient de Cerdon jusqu’à Groslée et Izieu en passant par les hauteurs d’Ambérieu et de Lagnieu. Tous les versants étaient constellés de cépages qui produisaient vins blancs, rouges et pétillants. La production locale était distribuée dans les marchés environnants en passant par le train notamment. Dans le bas-Bugey, les vins étaient envoyés sur Lyon par les rigues, ces grands bateaux à fond plat qui naviguaient sur le Rhône. Vers 1850, 7.000 hectares de vignes étaient cultivés dans le seul arrondissement de Belley. En 2000, les vins du Bugey représentaient 830 hectares seulement.
La vigne n’est plus ce qu’elle était mais les grangeons disséminés dans les collines témoignent encore de cette activité économique importante qui représentait en 1868 25 % du produit agricole du département. Grâce à l’initiative du grangeon Deléaz et des autres qui font encore perdurer la culture de la vigne à Ambérieu et ses traditions, ce patrimoine demeure en étant toujours entretenu. C’est aussi un joli coup d’œil qui s’offre aux promeneurs qui se baladent sur les pentes bucoliques des collines, avec ces petites cabanes de pierre anciennes qui évoquent une partie de l’histoire d’Ambérieu.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here