Les violences conjugales au cœur des échanges

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Durant une journée, la commune a accueilli les échanges de différents acteurs départementaux et locaux sur la thématique des violences conjugales. L’occasion de découvrir les actions menées ou en projet sur le territoire, mais aussi les lacunes d’un système judiciaire saturé.

Les violences conjugales ont fait la une des médias au début de l’automne. Depuis cette période, plus aucune femme ne meurt sous les coups de son conjoint sans que cela ne soit rendu public.
Pour autant, l’action publique possède encore de grosses lacunes dans la prise en compte de ce problème. Ce dont on a pu se rendre compte lors de la journée annuelle de formation et d’échanges organisée par la CCMP sur le sujet au Foyer d’Accueil Médicalisé de Tramoyes.
Pour l’occasion, des acteurs locaux et départementaux étaient représentés : une trentaine de personnes issues du milieu associatif, scolaire, social, de la sécurité, de la justice… très majoritairement des femmes. Pour Xavier Deloche, la participation est encore trop peu nombreuse, il aurait souhaité voir plus de personnel des collectivités locales par exemple.
Alicia Micheletti a détaillé l’action de la gendarmerie en la matière, et la sienne en tant que référente pour les violences intrafamiliales, le suivi assuré après les interventions… tout en expliquant qu’il serait compliqué de mettre un gendarme derrière chaque habitant. Corinne Mollier, vice-procureure au parquet de l’Ain, est venue expliquer son quotidien et les moyens dont elle dispose pour agir. Des moyens visiblement trop faibles puisqu’ils ne sont que neuf pour s’occuper de tous les dossiers judiciaires départementaux. Alors, quand un intervenant évoque la possibilité d’une obligation de soins pour le suivi des auteurs de violences conjugales, elle détaille : “Je veux bien que l’on mette cela en place, mais il faut un suivi et plus de magistrats. Il faut des médecins aussi, aujourd’hui il n’y en a pas qui veulent s’occuper de ce suivi. Les psychiatres et les psychologues ne veulent pas recevoir les condamnés.” Un exemple parmi d’autres qui montre les limites d’un système saturé…
Si l’Etat ne met pas forcément les moyens nécessaires sur la table, les associations et certaines collectivités locales tentent de colmater les brèches à leur niveau. Depuis 2013, la CCMP organise un événement à l’échelle de son territoire pour que chacun des acteurs apprenne à se connaître, à connaître les dispositifs existants et les démarches des uns et des autres. Coordonné par Julia Giuliani, chargée de mission, ce travail de mise en commun permet de créer des automatismes en cas de situation critique et une prise en charge plus complète. L’intercommunalité finance également à hauteur d’un tiers le poste d’un intervenant social en gendarmerie ; acteur qui fait le lien entre la victime et les services auxquels elle peut prétendre.
Par ailleurs, la CCMP essaie à son niveau de développer des logements d’urgence. Actuellement, aucun n’est dédié à cette cause spécifique sur la Côtière, située loin de Bourg-en-Bresse et du Pays de Gex, mais aussi hors département du Rhône où se trouvent les principales solutions aujourd’hui. Dans le plan local de l’habitat qu’elle vient d’adopter, la CCMP a prévu la création d’hébergements spécifiques pour les familles victimes de violences. Habitat et Humanisme devrait être l’association porteuse, puisque le président de l’antenne locale, Luc Decourty, explique avoir l’ambition de mettre à disposition deux logements de ce type sur la Côtière, dont au moins un sur Miribel. “L’acquisition est actée, les travaux vont démarrer, le financement est validé” conclut-il. C.B.

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