Le chef des pompiers Philippe Brun en mission en Afrique noire

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Assis au milieu, le chef de corps bourtoir observe la prestation de l’apprenant en position de formateur afin de lui faire une évaluation formative

C’est dans un cadre professionnel que le lieutenant Philippe Brun, chef de corps du Centre de Première Intervention Non Intégré (CPINI) du village, a effectué une mission au Gabon du 24 juin au 7 juillet dernier. Interview.

Comment cette expédition au Gabon a-t-elle été possible ?
Elle est née d’une relation avec une personne que je connaissais depuis longtemps qui, un jour, est devenue responsable sécurité incendie et environnement sur un site pétrolier. Du coup, j’ai été contacté par une personne au Gabon qui a son propre organisme de formation. Par rapport à mes compétences, on m’a demandé de former des formateurs Incendie, Secourisme et Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT).

Que retenez-vous de cette aventure sur un plan personnel ?
C’est surtout une super-expérience. Il y a longtemps que je voulais aller en Afrique. L’occasion s’est présentée d’aller travailler là-bas et franchement, ce que je retiens, ce sont des gens très chaleureux, très accueillants… Ce sont des bosseurs, qui ne demandent qu’à apprendre, c’est super-intéressant.

Existe-il beaucoup de différences entre le secourisme pratiqué en France et celui pratiqué au Gabon ?
Oui et non. En fait, ils essayent de beaucoup copier ce que l’on fait en France. Le problème est qu’ils partent un peu dans tous les sens et ils font des choses qui ne sont pas forcément adaptées à leurs activités. En terme de population, le Gabon est l’équivalent d’une ville comme Lyon. La caserne principale de Libreville (la capitale) est composée uniquement de militaires, il n’y a pas de civils. Ils ont très peu de véhicules, souvent en très mauvais état et ils ont dû mal à gérer plusieurs interventions en même temps. Ils n’ont pas d’informatique et notent sur un grand cahier les appels téléphoniques. C’est un fonctionnement à l’ancienne.

Quelles images les Gabonais ont de la France ?
Ils ont l’impression que l’on court tout le temps (rires). En fait, ils voient les Français comme des gens un peu stressés mais avec beaucoup de compétences.

Quels sont leurs sujets préférés ?
J’étais en pleine période de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), ils parlaient tous les jours de football. Mais aussi de ce qui se passe en France… Mes stagiaires venaient de différents horizons. Outre deux Gabonais, j’avais une Malienne, une Camerounaise, un Tchadien et un Congolais.

Enfin, comptez-vous retourner en Afrique pour d’autres missions ?
Oui. Dès que c’est possible, j’y retourne. On m’a déjà contacté pour aller former des formateurs Secourisme au Cameroun. Il y a aussi des pistes au Mali et au Tchad. Tout ce qui est faisable pour les aider, je repars, il n’y a pas de problème… Je suis rentré complètement dépaysé. Quand on voit ce qu’il se passe ailleurs, je pense qu’en France, on est un pays d’enfants gâtés.

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