“Lorsque je me rends dans les parcs, j’ai maintenant une boule au ventre”

Loup

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Alors que son retour dans le Bugey vient d’être confirmé le, loup semble avoir de nouveau sévi sur le territoire communal d’Hostiaz. Le Gaec des Fontenailles a été victime d’attaques à répétition. Les éleveurs, dépités, réclament des actions de régulation.

Après la Burbanche et Lompnaz, le loup semble s’être attaqué à un troupeau de brebis et agneaux à Lompnaz. Cet élevage qui appartient à Denis et Jérôme Nigoul, a été victime d’au moins trois épisodes de prédation. Cela avait commencé dans la nuit du samedi au dimanche 9 juin. Six brebis avaient été tuées, et 4 autres, sérieusement blessées, ont dû être euthanasiées par les éleveurs. Puis il est revenu une seconde fois dans la nuit de mardi à mercredi. Cette fois, 2 brebis ont été tuées mais 8 autres ont dû être achevées. Une troisième fois, le loup serait revenu à la charge la nuit suivante où il a encore fait 2 victimes parmi le troupeau.
Les animaux ont été pris à la gorge et déchiquetés, ce qui serait tout à fait typique d’une attaque de loup. Cela a d’ailleurs été confirmé par les constatations des gardes de l’ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage), qui se sont rendus sur place.
Les deux éleveurs ont alerté la Préfecture de l’Ain qui a mis en place depuis quelques jours une cellule de veille. Des tirs d’effarouchement pourraient être effectués en cas de nouvelles attaques, encore faudra-t-il pouvoir être sur place au bon moment. Il a également été conseillé aux éleveurs de disposer des lampes autour des clôtures, comme premier moyen d’effarouchement. Pour Jérôme Nigoul, ces mesures ne sont pas à la hauteur des dégâts causés par le loup, et l’éleveur, particulièrement remonté, n’hésite pas à condamner “une bureaucratie qui ne connaît pas le terrain”. “Ces mesures sont insuffisantes, le quota de 500 loups en France est aujourd’hui largement dépassé. L’augmentation de 60 à 80 loups abattus pour réguler leur prolifération est insuffisante. Aujourd’hui ces loups se croisent de plus en plus avec des chiens ce qui augmente le nombre de petits… leur nombre va exploser !”. 
Jérôme Nigoul tient aussi à recadrer certains discours qui tendent à faire croire que les éleveurs sont “grassement” indemnisés : “Les indemnités, d’abord c’est très long à obtenir, et ensuite elles ne prennent pas en considération l’effarouchement des brebis, qui bien souvent avortent suite à une attaque. Vous savez, ici le loup a dévoré le gigot d’une brebis encore vivante. Il a fallu l’euthanasier. Ce n’est vraiment pas facile à vivre. Maintenant, chaque matin lorsque je me rends dans les parcs, j’ai maintenant une boule au ventre. Je ne sais jamais ce que je vais trouver…”
Les éleveurs de l’Ain auraient réclamé une autorisation de tir de prélèvement. Le dossier est maintenant entre les mains de la Préfecture, seule habilitée à prendre un arrêté en ce sens, en lien avec les constatations effectuées par le service départemental de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage.

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