La suppression du passage à niveau ne serait-elle plus à l’ordre du jour ?

Sécurité routière

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Le nouveau plan de sécurisation des passages à niveau vient d’être présenté par la ministre des Transports. S’il prévoit une augmentation des moyens financiers déployés pour assurer un franchissement en toute sécurité des lignes ferroviaires, en revanche, la suppression des passages à niveau par d’autres infrastructures, souvent très coûteuses, n’est plus vraiment préconisée…

Le passage à niveau de Saint-Denis en Bugey est inscrit au programme national de sécurisation des passages à niveau au même titre que 154 autres en France. Cela signifie qu’au regard des statistiques en matière d’accidentologie, il est théoriquement prioritaire en vue d’un réaménagement visant à sécuriser le franchissement de la voie de chemin de fer. Mais entre théorie et pratique, il y a souvent un fossé… Parfois un ravin. Car en réalité, il y maintenant bien plus d’une décennie que le sujet fait débat, sans avancée significative. Si la SNCF comme les pouvoirs publics ont bien identifié ce point noir, en tout cas régulièrement noté en tant que tel dans leurs différents rapports, aucune décision ne parvient à se formaliser. Tout est évidemment question de gros sous, et les élus locaux, malgré leur volonté de voir la situation se débloquer enfin et d’alerter les pouvoirs publics au sujet d’aménagements potentiellement dangereux, n’ont que peu d’influence sur ce dossier. Le début de ce mois de mai offrait peut-être un espoir avec la présentation d’un nouveau plan de sécurisation des passages à niveau par la ministre chargée des transports. Un de plus diront sans doute les mauvaises langues…

Un pas en avant, un pas en arrière ?
La bonne nouvelle, c’est que ce plan d’action, qui s’articule autour de quatre axes, est marqué par une augmentation des moyens consacrés par l’État à ces aménagements. Le budget va ainsi croître de 40% d’ici 2022, passant de 32 M€ en 2018 à 45 M€. De quoi, peut-être, donner enfin l’impulsion financière à la concrétisation de certains projets classés prioritaires, à l’image du franchissement de St-Denis-en-Bugey.
Pour autant, la lecture du rapport n’ouvre pas la porte à un optimisme démesuré. En effet, il semble de moins en moins à l’ordre du jour d’entreprendre de gros travaux pour sécuriser les passages à niveau. Des solutions “passives” semblent aujourd’hui davantage préconisées (prévention, vidéo surveillance, signalisation…) “des mesures autres que la suppression d’un passage à niveau par dénivellation (construction d’un pont ou d’une voie souterraine) doivent être privilégiées, pour une sécurisation plus rapide, efficace et moins coûteuse” précise ainsi ce rapport, qui ne détaille cependant pas son plan d’action.
Qu’en sera-t-il alors pour le passage à niveau de St-Denis ?
Difficile à dire à ce jour. Après la réalisation d’études, les municipalités de St Denis et Ambérieu étaient plutôt favorables à la création d’un passage sous-terrain. Un projet de l’ordre de 10 millions d’euros, impossible à assumer pour les collectivités locales. Une chose est certaine, le maire de St-Denis-en-Bugey, Pascal Collignon, ne pourra pas porter seul ce dossier, même avec l’appui d’Ambérieu : “Nous restons toujours suspendus aux décisions de la SNCF et de l’État. Si on nous demande de financer un tel projet, ce n’est évidemment pas envisageable. La décision n’est pas de notre ressort… Ce que je remarque, c’est qu’il y a de plus en plus d’attente ici, ce qui joue évidemment sur la sécurité. Le temps de fermeture journalier de ce passage à niveau ne cesse de s’accroître d’année en année. Il faudra donc bien trouver une solution. Pour ma part, on ne me donne aucune nouvelle. Il y a environ deux ans, en attendant mieux, j’avais demandé l’installation de demi-barrières supplémentaires. J’attends toujours…”

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