L’huilerie de Conand a repris son activité

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Pas d’olives dans le Bugey évidemment, mais des noix ou des noisettes, en plus ou moins grande quantité selon les années. De quoi confectionner des huiles artisanales aux saveurs marquées du terroir. Depuis quelques jours maintenant, l’huilerie de Conand a repris du service. Petites ou grosses quantités, chacun peut y apporter ses cerneaux.

Comme chaque année, jusqu’à fin mars, l’huilerie de Conand ouvre ses portes. Durant toute cette période, elle accueille les habitants des environs venus avec leurs cerneaux de noix, prêts à être transformés en huile. Auparavant, les noix ont évidemment été “naillées”, c’est-à-dire cassées à l’aide d’un petit marteau, puis triées afin de séparer les “noyaux” (cerneaux) des coquilles. Ces cerneaux sont d’abord broyés puis réduits en poudre à l’aide de 2 meules en pierre de 1500 kg. La poudre ainsi obtenue est ensuite chauffée dans un chaudron incorporé dans une chaudière en briques fonctionnant au bois, pour obtenir une belle couleur ambrée. C’est l’opération la plus délicate du processus de fabrication de l’huile. La poudre doit être à point, ni plus, ni moins, et seul un œil aguerri et l’expérience permettent d’exercer ce savoir-faire qui se transmet ici de génération en génération. Le dernier “passeur” de savoir, c’est Louis Reverdy, 88 ans, qui a désormais cessé son activité. Il a formé auparavant une nouvelle équipe, très dynamique, pour continuer à faire fonctionner l’huilerie de Conand. Michel Guiffray, Patrick Ferrand et Dominique Jacquet, assurent donc la descendance de ce savoir-faire.
Une fois chauffée, la poudre de noix est déposée dans un pressoir hydraulique de 150 tonnes de poussée, et ici la magie s’opère, la poudre devient un liquide onctueux aux délicats effluves : c’est l’huile de noix. Restent après le pressurage les galettes de cerneaux ou tourteau qui serviront à l’alimentation du bétail. Il faut environ 2kg de cerneaux pour obtenir un litre d’huile, et 4 kg de noix pour avoir 2 kg de cerneaux.
Les propriétaires viennent de loin, du Revermont, du Valromey, de la Côtière, et bien sûr du Bugey et Nord Isère. Cette huilerie est incorporée dans la CUMA (Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole), qui a aussi une autre activité typique : la distillerie. Deux activités ancestrales que des passionnés essaient de maintenir, tant qu’on leur apportera de la matière à transformer.
À noter qu’auparavant c’est le courant de la Câline qui faisait tourner les meules servant à broyer les cerneaux, et ce moulin était installé à Serrières. Plus tard, les meules furent montées à Conand, et munies de moteurs électriques en 1980, grâce à la ténacité de Robert Goyet, qui ne voulait pas voir disparaître cette tradition.

Renseignements et prises de rdv au 04.74.36.34.12 du lundi au vendredi de 15h à 19h.

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