La cocaïne et l’héroïne étendent leur emprise sur l’Ain

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L’observatoire français des drogues et toxicomanies vient de publier sa dernière enquête relative aux “Tendances récentes et nouvelles drogues”. Plusieurs penchants des consommateurs français se dessinent depuis quelques années, en particulier liés à une accessibilité sans précédent à la cocaïne. Les grandes villes, telles que Lyon, sont évidemment très touchées, mais le phénomène s’étend bien au-delà des métropoles et l’Ain est désormais également concerné. L’héroïne y est aussi en expansion, notamment via la Suisse, pays historique d’ancrage des réseaux albanais.

Accessibilité sans précédent de la cocaïne, y compris sous forme de crack”, “augmentation de la visibilité des consommations de GHB-GBL en contextes festifs émaillée par des intoxications”, “banalisation des consommations de poppers au sein de groupes de consommateurs de plus en plus diversifiés”, le tout dernier rapport de l’Observatoire des drogues et toxicomanies dresse le constat d’une généralisation de certaines substances psychotropes qui restaient autrefois confidentielles, ou au moins réservées à certaines franges plus marginales de la population.
Depuis environ 5 ans, la cocaïne tout particulièrement, étend son emprise sur l’ensemble du territoire. Des coûts d’achats de plus en plus faibles (environ 60 à 70 euros le gramme de cocaïne ou 30 à 40 euros au demi-gramme), de meilleurs réseaux de distribution, le rapport souligne “les efforts des trafiquants pour en faciliter l’achat par les usagers les mieux insérés sur le plan social” mais également par les personnes en situation de précarité, par la vente de doses en micro quantités. Depuis deux ans, on assisterait ainsi à une inflation des quantités et de la pureté de la cocaïne disponible, notamment grâce au niveau historiquement élevé de la production colombienne. Autant de facteurs qui conduisent à une forte hausse des situations d’addiction “La multiplication et la banalisation des occasions de consommation, observées quel que soit le degré d’insertion sociale des usagers, amènent ces derniers vers un usage plus régulier et, pour certains, une dépendance”.
La région n’échappe pas à ce phénomène. Les observateurs qui se sont intéressés plus particulièrement au cas de la grande région lyonnaise, ont noté que les saisies sont de plus en plus fréquentes, et qu’elles se font désormais régulièrement par kilos, voire dizaines de kilos. Les forces de l’ordre effectuent des saisies dans des véhicules en provenance d’Espagne, des Pays-Bas ou de Belgique, ou de Suisse, via le département de l’Ain, dans des valises ou incorpore (conditionnés en ovules) par des passagers. Les gares, l’aéroport de Lyon St Exupéry sont également des lieux de transit fréquents, et on trouve désormais de plus en plus de cocaïne lors d’opérations policières effectuées au sein de réseaux qui étaient habituellement centrés sur d’autres produits (cannabis, héroïne).
L’Observatoire des drogues et des toxicomanies dresse un état des lieux plutôt inquiétant de certaines habitudes liées à l’usage de la cocaïne et des drogues en général, en particulier des pratiques sexuelles (chemsex) sur la région de Lyon.
Et si la cocaïne se “démocratise” dans tous les milieux, l’héroïne est aussi en expansion, le plus souvent via des filières albanaises “le phénomène concerne non plus seulement les départements frontaliers de la Suisse (pays historique d’ancrage des réseaux albanais), mais aussi toute la région lyonnaise, le bassin stéphanois, et plus largement l’Ain”, avec de véritables stratégies de vente qui se mettent en place pour intéresser la clientèle. Toutes les catégories de population sont susceptibles d’être séduites. On trouve ainsi à la fois des conditionnements à la portée des plus modestes, mais aussi des qualités dites “supérieures” pour combler les plus exigeants qui ont davantage de moyens financiers. Des évolutions commerciales et une concurrence entre revendeurs qui se traduit, loi du marché oblige, par une baisse générale des prix. A cela il faut ajouter les ecstasys qui “continuent de tenir le devant de la scène dans l’ensemble des lieux (festifs)”, ou plus occasionnellement le GHB.
Enfin, dans notre région, l’Observatoire note un phénomène typique de consommation lié à des activités saisonnières : vendanges, cueillettes de fruits, saisons de ski…La présence de véritables “dealers saisonniers”, répondant à une demande transitoire, est maintenant attestée, preuve que le marché ne cesse de se structurer.
Si beaucoup de saisies de petites quantités s’effectuent régulièrement dans l’Ain, ces derniers mois, plusieurs affaires davantage médiatisées par les enquêteurs ont montré que les réseaux ont des ramifications ici. En fin d’année dernière, une vingtaine de personnes avaient été interpellées à la suite d’un vaste coup de filet concernant le Rhône, l’Isère et l’Ain avec l’arrestation d’individus à Ambérieu. Quelques semaines plus tard c’est une filière basée dans l’Ain qui transitait via le Rhône depuis le Maroc et l’Espagne qui était mise à mal après l’intervention de près de 150 gendarmes et policiers.

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