Mireille Ballivet-Gaudin, l’art de l’enluminure médiévale

0
1146

Depuis 2004, cette habitante meximiarde est fascinée par l’enluminure médiévale. Une véritable passion qu’elle aime faire découvrir aux autres.

Native de Colmar et fille de militaire, Mireille Ballivet-Gaudin a beaucoup voyagé durant sa jeunesse. Après s’être fixée plus d’une trentaine d’années en région parisienne, elle décida en novembre 2013 de poser ses valises dans l’Ain, à Meximieux. “On cherchait une petite maison car on ne voulait plus vivre en ville” confie cette fonctionnaire à la retraite, maman de deux filles. C’est un peu “par hasard” qu’elle a découvert l’enluminure. “Comme j’ai une écriture en biais, à l’ancienne, tout le monde me disait que je devais faire de la calligraphie. En cherchant sur internet, j’ai découvert un jour un stage d’enluminure sur Toulouse ou réside ma cadette. Je ne connaissais strictement rien à l’enluminure. Et puis, je suis tombée dedans et je ne m’en suis jamais relevée. J’ai trouvé cela intéressant et passionnant” explique Mireille Ballivet-Gaudin. Issu du latin “illuminare” qui veut dire éclairer ou illuminer, le terme d’enluminure est une mise en lumière qui repose sur l’association d’une peinture réalisée à la main sur un parchemin et de feuilles d’or ou d’argent. “En fait, c’est un peu comme une bande dessinée du moyen âge. Cela servait aux moines pour lire les messes, c’était les missels, les bibles…” résume cette férue d’histoire des arts médiévaux et de la Renaissance qui a suivi des cours au musée du Louvre. Et de poursuivre : “On redécouvre la vraie histoire. Beaucoup de personnes ont une vision du moyen âge fermé et replié sur lui-même. Au contraire, tout était ouvert, il y avait énormément d’échanges commerciaux, les gens bougeaient et échangeaient beaucoup”.

“Patience, persévérance et dextérité” sont les maîtres-mots de l’enlumineur

Concrètement, Mireille Ballivet-Gaudin travaille avec la technique médiévale sur parchemin en utilisant des couleurs réalisées à base de pigments naturels. Pour cela, elle s’alimente auprès d’un parcheminier basé dans le Gers. “Ce n’est pas du papier mais de la peau de chevreau ou de chèvre. Ceux qui utilisent du papier avec de la gouache, c’est de l’arnaque, il faut être honnête” souligne l’artiste qui aime reproduire de grandes œuvres médiévales. Il lui arrive également de créer des enluminures à la demande de ses clients comme, par exemple, des lettrines pour des événements heureux tels un anniversaire, un mariage ou une naissance. “Patience, persévérance et dextérité” sont les qualités essentielles pour un enlumineur, “il faut de la douceur et de la zénitude” dit-elle. Chaque enluminure est une découverte, un challenge. “Deux à trois jours minimum sont nécessaires pour créer une œuvre de qualité” précise l’experte. Suivant les différentes formes qu’elle peut rencontrer (initiales, lettrines, miniatures, bordures…), l’enluminure peut nécessiter plusieurs centaines d’heures de travail. En septembre 2015, Mireille Ballivet-Gaudin avait exposé quelques-unes de ses créations à l’office de tourisme de Meximieux. Pendant les vacances scolaires, elle propose à son domicile, des stages d’initiation permettant de découvrir les techniques de réalisation d’enluminures traditionnelles, telles qu’elles étaient pratiquées au moyen âge. “L’enluminure ? Tout le monde peut s’y mettre ! Mon plaisir est de faire découvrir l’enluminure qui fait partie de notre patrimoine et qui a suivi l’évolution des siècles” conclut cette artiste passionnante et passionnée.

Renseignements au 06-60-29-07-38 ou sur le site www.enluminures.fr

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here