Jean-Samuel Sagnes attrape la beauté au vol

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Rencontre avec Jean-Samuel Sagnes, steward de profession, qui expose ses photos de voyage de Cuba à Bangkok jusqu’au 30 juin à la bibliothèque municipale.

Si vous demandez à Jean-Samuel Sagnes de se présenter, il ne vous dira pas en premier qu’il fait de la photo, encore moins qu’il est photographe. Marié et père de trois enfants, installé à Montluel depuis dix ans après avoir vécu à Lyon, il n’insistera pas non plus sur sa formation de graphiste en école d’art et parlera plus naturellement de son métier de steward. Lui qui n’avait pas de vocation de grand voyageur à la base est arrivé dans cette profession par hasard – “J’ai ouvert la porte pour voir ce qui se passait dedans” – il y a treize ans, d’abord chez Air Méditerranée puis Air France, et est vite tombé amoureux de cette sensation de laisser tous les soucis en bas, dès qu’on trouve le soleil au-dessus des nuages.
Pourtant, dans cette nouvelle phase, dans ses voyages, il renoue avec l’art. Appareil photo à la main, c’est lors d’une escale à Cuba qu’il trouve en premier l’inspiration, qu’il a le coup de coeur. L’île – qu’il voit “comme une jolie fille à qui on a mis de vilaines lunettes, mais quand on les lui enlève, on se rend que c’est un endroit magique” – lui fait prendre ses premiers clichés, les premiers à intéresser les gens, les premiers qu’il vend. “Attraper cette beauté sans enlever ce qui est moche, faire deviner ce qu’il y a de beau derrière” constitue sa seule boussole quand il prend “une barque sans rames” pour aller au hasard des rues de Bangkok à New York. “J’aime les choses qui sortent de l’ordinaire. Ce n’est pas quelque chose que je calcule, il faut que je rencontre l’émotion” explique-t-il au sujet du choix de ses sujets.
Une visite à l’exposition consacrée à ses œuvres à la bibliothèque municipale de Montluel jusqu’au 30 juin et l’on constate aussi une prédilection pour le noir et blanc ou que son oeil peut être attiré par des couleurs vives. Ce qui n’en dit pas, selon lui, autant sur le photographe que sur le public : “Dans les contrastes, les gens voient souvent autre chose que ce qu’on a pris.”
Seule photo que vous ne trouverez pas exposée, l‘image qu’il a toujours dans la rétine sans avoir pu la saisir, il la raconte et vous la fait voir : “C’était dans un avion, j’étais au cockpit pendant ma pause, et au-dessus de nous est passé un 747. Et avec la fumée des réacteurs, il y avait des volutes derrière qui formaient des spirales. Et mon appareil était en soute, dans ma valise. Celui-ci je regretterai toute ma vie de l’avoir raté.”

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