Fatoumata Diallo, une passerelle solidaire d’Ambronay au Mali

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Originaire de Gao, au Mali, Fatoumata Diallo, 35 ans, vit en France depuis 2012. Elle réside à Ambronay, et elle a créé l’association PERMALI. Cette association a pour objectif de financer des projets afin de venir en aide aux habitants de San Sibougou, village situé dans la région de Ségou au Mali.

 

Pouvez vous vous présenter en quelques mots, et nous expliquer quel a été le parcours de vie qui vous a conduit jusqu’à Ambronay ?
J’ai été élevée par mes grands-parents et je n’ai connu mes parents qu’à l’âge de 12 ans. Issue d’une famille plutôt aisée, j’ai pu aller à l’école et faire des études pour devenir institutrice. En 2005 j’ai rejoint mon premier poste au Mali à Tacharane et je me suis rendue compte que des enfants venaient à l’école sans avoir mangé. Alors, l’idée m’est venue de créer un jardin pédagogique avec, et pour les enfants, afin de les initier à la pratique du jardinage et en même temps les nourrir.
En 2012, en raison de la guerre, j’ai quitté mon pays et étant mariée avec un Français, j’ai pu rejoindre la France. Je me suis inscrite à l’université et j’ai obtenu un diplôme d’assistante bibliothécaire. En même temps, j’ai suivi une formation de permaculture et comme je voulais vivre en milieu rural, j’ai trouvé une opportunité pour m’installer à Ambronay.
Vous avez créé l’association PERMALI. Quel est son but ?
PERMALI est une association fondée sur les bases de la permaculture. Elle vise à assurer la promotion de l’agro-écologie et l’éducation au Mali.
L’objectif de PERMALI est d’installer une ferme pédagogique qui servira de lieu d’échange intergénérationnel entre les femmes et les enfants et qui sera un lieu d’animation et d’actions ludiques pour apprendre à préserver l’environnement. Pour mener à bien mon projet et grâce à mon père, j’ai acheté en 2014 un terrain de 2 ha sur la commune de San Sibougou à 5 km de San dans la région de Ségou au Mali. En 2015, nous avons creusé un petit puits, construit un local de 2 pièces pour le gardien et les outils, et clôturé le terrain. Mais également ont été plantés les premiers arbres et arbustes par un groupe de jeunes du village et aménagé un jardin potager.
En 2016, j’ai cherché sur place des partenaires, acheté deux ânes, réalisé du compost et planté de nouveaux arbres et arbustes.
En 2017, lors d’un séjour en novembre, j’ai organisé un atelier participatif avec 5 personnes dont un agriculteur représentant l’ONG du Pays Dogon, des villageois et mes sœurs. Sur place, nous avons fabriqué des toilettes sèches, construit un poulailler et installé 10 poules, un hangar pour les animaux, fabriqué un four solaire qui a permis de cuire du pain et du riz. J’ai également distribué des trousses scolaires aux enfants du village. En 2017, beaucoup de fruits ont été produits et leur vente a permis d’acheter du grain pour les poules et pour le mouton. L’intérêt d’avoir des animaux étant ensuite d’avoir du fumier pour le terrain. J’espère maintenant que dans quelques années, le salaire du gardien pourra être pris sur les ventes des fruits.
Comment voyez-vous évoluer les choses dans les années futures ?
Mon objectif est de planter 1.000 arbres, 50 arbres à l’école et 50 arbres dans le village avec les femmes, et le reste dans la ferme pédagogique, mais aussi participer à la vie du village, avec à terme, l’embauche de 6 salariés.
Nous voudrions également creuser un 2ème puits et installer une pompe, mettre une éolienne, aménager un bassin de rétention d’eau douce et deux bassins de pisciculture, construire un bâtiment supplémentaire pour faire un centre de documentation. Nous avons des projets à plus long terme comme la construction d’un hangar pour le stockage des récoltes, la mise en place d’un moulin pour que les femmes du village fassent de l’huile de sésame, la mise en place de panneaux solaires, la transformation de certains produits récoltés.
Comment financez-vous tous ces projets ?
Par l’adhésion à l’association qui est fixée à 5 euros par an, mais il est possible de parrainer l’achat d’un arbre (15€), de parrainer régulièrement l’entretien du terrain mais aussi de faire un don libre pour l’achat de matériel ou autre.

Contact : Fatoumata Diallo : fatimperichondiallo@laposte.net

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